Collectif Anti-Précarité Dordogne

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Précarité- Misère

Tout ce qui a trait à la précarité et à la misère


Pôle Emploi à la sauce Bolkenstein


Mardi 8 juin 2010

Alors que les personnels sont en grève aujourd'hui, le gouvernement tente, via un article discret dans un projet de loi, de libéraliser totalement le secteur du placement des chômeurs.

 


Total KO à Pôle emploi : charges de travail qui explosent, manque d'effectifs, pressions multiples, encadrement croissant des tâches dans des procédures ultracodifiées par le management, désorganisation totale du service public de l'emploi et de l'assurance-chômage, sens du métier et de l'intérêt général piétiné depuis la fusion, toujours pas achevée, au sein de Pôle emploi, etc. Aujourd'hui, à l'appel de quatre organisations syndicales (SNU-FSU, CGT, SUD et Snap), parfois rejointes par d'autres dans certaines régions, les agents de Pôle emploi seront, pour la première fois depuis l'automne, en grève au niveau national, alors que, d'après les syndicats, les débrayages sauvages se multiplient dans les agences. Et pendant ce temps, le gouvernement tente de parachever discrètement le démantèlement complet du service public : au nom de la transposition de la directive Bolkestein dans le droit français, le projet de loi consacré aux chambres consulaires, à l'artisanat et aux services, passé sans vague à l'Assemblée et examiné ce mercredi au Sénat, prévoit dans son article 14 la libéralisation totale des services de placement des chômeurs. Depuis 2005, le service public de l'emploi, en concurrence avec des organismes privés comme les agences d'intérim par exemple, a perdu son monopole sur le placement, et il lui arrive d'en jouer par le biais d'une sous-traitance désormais galopante sur son cœur de métier. Le gouvernement entend aller plus loin en organisant la confusion entre placement public et placement privé, et en supprimant ses moyens de contrôle.

Pour les syndicats, c'est une « bombe ». « Il s'agit d'une régression absolue qui nous renvoie au début du XXe siècle, dénonce Sylvette Uzan-Chomat (SNU). Si la loi passe, n'importe quel marchand de soupe va pouvoir s'installer comme opérateur de placement, et en aucun cas, on ne surveillera les conflits d'intérêt pour les entreprises qui se mettraient à faire du placement en plus d'autres activités lucratives. » Pour Rubens Bardaji (CGT), « ce projet de loi prétend organiser un marché concurrentiel du placement en ôtant du Code du travail les dispositions qui doivent garantir l'interdiction des discriminations à l'embauche et empêcher que les chômeurs soient sommés de payer pour être placés. Tout cela risque de conduire Pôle emploi à choisir ses activités dans une pure logique de coûts. »

 

Thomas Lemahieu



14/06/2010
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CAF : fraudeurs face à la "sémantique stratégique"


Les pauvres naissent-ils fraudeurs et menteurs ?

Certains individus ont-il une capacité à mentir innée, que l'on pourrait détecter infailliblement, et qui se retrouverait majoritairement chez les "bénéficiaires " de prestations sociales ?

Quel est le rapport entre les contrôleurs CAF, le FBI et les unités d'élite de la police sud africaine, les fameux Scorpions ?

La réponse à cette dernière question est IGACCE : IGACCE , c'est le nom d'une méthode "scientifique ", censée s'appuyer sur la sémantique et permettre de confondre immanquablement les "manipulateurs" grâce à un schéma pour conduire des entretiens. IGACCE est aussi une marque déposée, ce qui signifie notamment que l'enseignement de cette technique est payant.

C'est du moins ce qu'en dit une brochure, diffusée lors d' une formation destinée aux contrôleurs et aux agents de la CAF, brochure qui nous a été transmise par un salarié, et que nous rendons publique. La direction de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, pourtant prompte habituellement à communiquer sur " la fraude" et les outils censés y remédier, s'est bien gardée de rendre publique l'organisation de ces formations.

Et pour cause, les premières lignes de la "fiche d'information générale" donnent le ton.

Comme l'a souligné le Chef de l'Etat (discours du 03 avril 2007), l'heure de vérité est venue. Chacun, dans ses domaines d'intervention respectifs, va devoir agir pour limiter la fraude : « Je mettrai tout en oeuvre pour combattre la fraude. Ne pas le faire, serait ne pas respecter les français ». Dans ce contexte, s'ouvrir aux techniques modernes de prévention et de détection de la fraude est une nécessité.

Le message est clair.


Les contrôleurs de la CAF ne sont plus des fonctionnaires, astreints à la neutralité politique, mais des militants UMP qu'on somme d'adhérer à un nouveau messianisme.



Qu'on se le dise, l'heure de vérité est venue, et le moment de trier le bon grain de l'ivraie aussi. Qui ne se lance pas de le djihad "anti fraude" est un mécréant qui ne respecte pas les Français.

Et se lancer dans le combat anti fraude, c'est donc s'ouvrir aux techniques modernes de prévention et de détection..

Mais de quoi s'agit-il-t-il, au fait ? Les fidèles qui croyaient dur comme fer qu'"Ensemble tout devient possible" seront déçus ; pas de détecteur de mensonge portatif, avec capteurs infrarouges et outil de calcul de la dilatation des pores, pas de petite mallette avec seringue et penthotal, gracieusement distribués à l'ensemble des agents du service public.


La fiche technique, censée présenter la méthode est assez imprécise et ressemble fort aux prospectus de la Scientologie sur la Dianétique.



Beaucoup de phrases ronflantes, de références à des chercheurs qui feraient autorité, des photos du début du siècle d'historiens aux moustaches respectables qui ont utilisé IGACCE, pour finir sur quelques banalités peu onéreuses : l'observation des gestes qui "font ressortir l'inconscient", et la manière de mener l'interrogatoire.


Si IGACCE est une marque déposée, c'est que ses inventeurs ont fait une découverte extraordinaire qui avait échappé au FBI et aux Scorpions Sud Africains :


on obtient plus d'informations en suscitant un récit ouvert chez le présumé "fraudeur" qu'en lui posant des questions fermées qui appellent une réponse par « oui » ou par « non »…

Si c'était tout, on pourrait simplement parler d'un énième gâchis de fric et de temps, propre à écoeurer non seulement les allocataires mais aussi les salariés confrontés à une surcharge de travail, au manque de personnel et à l'accumulation des retards de traitement et de versement des allocations.

Mais la lecture attentive des deux documents de formation fait apparaître l'évidence : cette formation ne vise pas tant à mieux coincer ces petits salauds d'allocataires qu'à formater le contrôleur ou l'agent de la CAF, de façon à standardiser son comportement et son regard sur les allocataires.

Jusqu'ici la mission officielle des contrôleurs CAF était la vérification des déclarations de l'allocataire, afin d'y repérer d'éventuelles décalages avec la réalité, et de réévaluer les droits en conséquence à la hausse ou à la baisse. Donc , éventuellement démasquer les « mensonges » et les « fraudes », concepts assez vagues, totalement subjectifs, et propres à toutes les dérives, comme ce site en fait régulièrement l'écho.

Mais nous n'en sommes plus là.


Désormais le contrôleur de la CAF ou de la Sécu ne traque plus le mensonge mais « la subversion ».



Rien de moins, comme nous l'explique la fiche générale :


L'intelligence sémantique « stratégique » ne se concentre pas uniquement sur la question de la crédibilité ou du mensonge. Elle vise, en effet, bien plus que le mensonge (chercher à discerner le vrai du faux). Elle traque l'intentionnalité : un "modus operandi" significatif de la présence d'une volonté qui cherche, de manière détournée, à en contourner une autre.
L'intelligence sémantique stratégique s'inscrit dans un cadre beaucoup plus large que celui du mensonge : un cadre d'essence subversive. Il existe, en effet, une différence fondamentale entre le mensonge et la subversion. Dans la subversion, il y a toujours quelque chose de vrai. La subversion mêle en proportion calculée, un peu de vrai, mais récupéré au service du faux (c'est l'introduction consciente d'un noyau de réalité, dans un discours conçu à des fins d'influence ou de manipulation).


Comme on dit, c'est l'intention qui compte.


Et les salariés de la CAF doivent le savoir, les allocataires, depuis leur naissance, sont plein de mauvaises intentions.



Même quand ils disent la vérité, c'est pour mentir, ou plutôt « pour la récupérer au service du faux ».

D'ailleurs, c'est bien simple :


Le mensonge est partout. Et qu'on le veuille ou non, l'Homme est spontanément menteur.


Et si l'Homme est naturellement menteur (la photo illustrant cette maxime représente d'ailleurs une Femme, pas de hasard si les descendantes de la Voleuse de Pommes sont majoritaires dans les statistiques du chômage), que dire de l'allocataire, ce fourbe d' « essence subversive » ?

C'est une bien lourde tâche qui attend le contrôleur CAF ; désormais, il ne devra plus seulement être attentif à l'amant fortuné caché dans l'armoire, aux chaussettes bourrées de billets de banques et de bijoux anciens qui dépassent du tiroir. Tel un médium, il va lui falloir développer un sixième sens et repérer les fluides invisibles de la tromperie.


«  Il s'agit, en d'autres termes, d'approcher les présupposés, les opinions valorisées ou dépréciées et les intentions sous-jacentes qui circulent à travers eux, afin de voir, dans quelle mesure ces discours servent des intérêts cachés  ? »


On imagine l'effet d'une telle formation sur le salarié de la CNAF ou de la CPAM fraîchement émoulu, qui réalise brusquement qu'il lui faudra incarner la figure moderne de l'exorciste face à des possédés, à travers lesquels circulent « intentions sous jacentes » et « intérêts cachés ».


Et même pas le droit d'emmener la fiole d'eau bénite ou la croix aiguisée en forme de pieu.



Si le ridicule ne tue pas, il peut malheureusement conduire au pire dans le cadre actuel de la législation : depuis les récentes réformes et notamment l'application du décret sur le « train de vie », la suspension des prestations est désormais autorisée dès lors qu'il y a « suspicion de fraude ». La privation de revenu n'est plus soumise au rendu préalable du rapport de contrôle et à l'exercice des recours légaux de l'allocataire.


Celui est donc d'office présumé coupable et puni préventivement, sur la base de l'appréciation forcément subjective du seul contrôleur.



Désormais ceux-ci sont donc incités à se fonder sur la détection d' « intentions sous jacentes », sur l' « l'expression de l'inconscient » de l'allocataire, étant entendu que celui-ci est « menteur par nature ». On imagine l'avalanche de radiations préventives, à priori un outil peu sophistiqué mais efficace, pour arriver enfin à ce que l'allocataire, hagard et aux abois finisse par avouer les « intérêts cachés », et l' « intentionnalité frauduleuse » dont il s'est rendu coupable à l'insu de son plein gré.

Selon les informations qui nous ont été transmises par des salariés « qui ne respectent pas les Français », ( la CAF va-t-elle tester IGACCE sur ses agents pour débusquer les « subversifs » infiltrés ?), cette formation a d'ores et déjà été dispensée dans plusieurs départements. Sur Internet, outre son utilisation par des cabinets d'hypnose, on en trouve trace dans le compte rendu d'une réunion de la Caisse régionale d'Assurances Maladie du Poitou Charentes.


mardi 9 septembre 2008 par Réseau Solidaire d'Allocataires


02/06/2010
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La pauvreté augmente chez les jeunes et les seniors

 

La pauvreté augmente chez les jeunes et les seniors


le 27 avril 2010


La pauvreté augmente nettement depuis 2005 chez les jeunes et les plus âgés.

 


L’évolution : hausse chez les jeunes et les seniors


Pour la première fois depuis de nombreuses années le nombre de personnes pauvres de plus de soixante ans augmente, et de façon non négligeable : + 100 000 personnes entre 2005 et 2007, selon les données de l’Insee en utilisant le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian [1]. Une progression de 25 %. Le phénomène est plus connu car plus ancien, mais encore plus marqué, chez les jeunes : + 212 000 entre 2002 et 2007 pour les moins de 29 ans, soit une hausse de 27 %. Le taux de pauvreté des 18 à 29 ans est passé de 9,2 à 11,5 %.

Il est trop tôt pour parler de mouvement de fond pour les plus âgés. Cette hausse n’est que très partiellement due à la progression du nombre de personnes âgées : le nombre total de plus de 60 ans a augmenté de 5 % entre 2005 et 2007, celui des pauvres de cet âge de 25 %... Le taux de pauvreté - certes nettement inférieur à celui des jeunes - est remonté de 3,2 à 3,8 %.

La récession amorcée en 2008 a surtout pesé sur les plus jeunes et pour eux le niveau de pauvreté est beaucoup plus élevé. Pour les moins de 30 ans, la dégradation est considérable. Compte tenu de la hausse du chômage, il est très probable que le nombre de jeunes vivant sous le seuil de pauvreté a encore nettement progressé.

Rien ne dit que la situation des seniors se soit améliorée. Depuis des années, les politiques publiques de lutte contre la pauvreté se concentrent sur le retour vers l’emploi, oubliant de fait les aînés. Le gouvernement a revalorisé le minimum vieillesse (709 euros en 2010), mais celui-ci demeure nettement sous le seuil de pauvreté (757 euros en 2007). A l’avenir, de plus en plus, on verra arriver à l’âge de la retraite des générations aux carrières marquées par le chômage, ce qui se traduira par des pensions plus faibles.

Evolution du nombre de personnes pauvres selon l'âge
Unité : milliers

1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Moins de 30 ans 1 200 1 077 995 975 850 771 842 841 893 857 983
30 à 39 ans 437 467 458 455 440 426 499 524 513 458 478
40 à 49 ans 687 606 568 585 574 610 603 578 605 612 543
50 à 59 ans 473 472 454 492 478 499 521 537 536 517 502
60 ans ou plus 397 464 457 472 444 455 392 401 399 448 497
 
Ensemble 4 410 4 276 4 091 4 204 3 996 3 925 4 227 4 158 4 270 4 188 4 281
Seuil de pauvreté fixé à 50 % du revenu médian (le revenu médian est celui qui sépare les ménages en deux, la moitié étant située au-dessus, l’autre au-dessous).
Source : Calculs de l'Observatoire des inégalités d'après l'Insee

Evolution des taux de pauvreté selon l'âge
Unité : %

1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Moins de 18 ans 10,3 9,9 9,5 9,9 9,7 8,7 10,3 9,5 9,9 9,7 9,5
De 18 à 29 ans 14,1 12,6 11,7 11,7 10,4 9,2 10,1 9,9 10,6 10,1 11,5
30 à 39 ans 5,1 5,5 5,4 5,4 5,2 5,0 5,9 6,2 6,1 5,5 5,8
40 à 49 ans 8,3 7,3 6,9 7,0 6,9 7,3 7,2 6,8 7,1 7,1 6,3
50 à 59 ans 7,5 7,2 6,6 6,8 6,4 6,6 6,7 6,7 6,6 6,3 6,1
60 ans ou plus 3,2 3,8 3,7 3,8 3,6 3,8 3,3 3,3 3,2 3,6 3,8

Ensemble 7,8 7,5 7,2 7,3 6,9 6,7 7,2 7,1 7,2 7,0 7,2

Source : Source : Calculs de l'Observatoire des inégalités d'après l'Insee

 

L’état des lieux : les jeunes très lourdement frappés


La pauvreté touche 1,5 million de moins de 20 ans en France selon l’Insee, si on utilise le seuil de 50 % du revenu médian. Cette pauvreté est la conséquence du bas niveau de revenus de leurs parents dû en particulier au chômage ou à la précarité de leur emploi : un tiers des enfants pauvres vivent dans un couple où aucun parent ne dispose d’un emploi (voir notre article).

La pauvreté touche par ailleurs de plus en plus les jeunes adultes : 800 000 personnes âgées de 20 à 29 ans sont concernées. Le taux de pauvreté est à cet âge à son niveau le plus élevé, avec 11 %. Une partie des jeune adultes qui ne disposent pas d’un soutien familial, se trouvent en grande difficulté car écartés des minima sociaux (il faut avoir 25 ans ou au moins deux ans d’activité pour toucher le RSA).

Chez les plus âgés, le taux de pauvreté est nettement inférieur, entre 3 et 4 %. Ce qui représente tout de même 500 000 personnes, en forte hausse entre 2005 et 2007 (voir plus haut).

 

La pauvreté selon l'âge

Nombre d'individus pauvres
en milliers
Taux de pauvreté
en %
Moins de 10 ans 707 9,3
10 à 19 ans 758 10,4
20 à 29 ans 796 11,1
30 à 39 ans 478 5,8
40 à 49 ans 543 6,3
50 à 59 ans 502 6,1
60 à 69 ans 191 3,4
70 à 79 ans 182 4,0
80 ans et plus 124 4,6

Ensemble 4 281 7,2
Seuil de pauvreté fixé à 50 % du revenu médian (le revenu médian est celui qui sépare les ménages en deux, la moitié étant située au-dessus, l’autre au-dessous).
Source : Insee - DGI, enquête revenus fiscaux. Année des données : 2007



[1] Nos calculs tiennent compte des ruptures de série en 2002 et 2005

 

D'après : "L'Observatoire des Inégalités".

//www.inegalites.fr/spip.php?article373


30/05/2010
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Grève des Chômeurs à Nancy : pourquoi pas ailleurs ?


La Grève des chômeurs s'invente à Nancy : c'est La C.R.I.S.E. !


La C.R.I.S.E. : « Coordination Révoltée des Invisibles Solidaires et Enragé-e-s »


 

Mercredi, 19 mai 2010, à Nancy La C.R.I.SE se présente à  la CAF et s'invite sur un nouveau site Pôle Emploi celui de Majorelle.

 

1° Jeunes sans revenu, étudiant-e-s, précaires, fin de droit, chômeurs se mêlent dès 9h30 aux usagers sur l'espace attente/stress de la CAF de Nancy sous les objectifs des caméras de surveillance à peine dissimulées. Dans la loge du gorille de service se devine une certaine effervescence confirmée par les excitations téléphoniques. Ce qui n'est pas pour nous déplaire. Dehors, face à la grille, un fourgon de police est en stationnement un certain temps.

Nous n'avons pas l'intention d'entreprendre une action forte aujourd'hui. Ce qu'ils ne savent pas. Ce qui rend plus cocasse la situation.     

Jeune « chômeur gréviste » de – de 25 ans, sans revenu, il prend son « matricule » d'attente pour résoudre un problème de trop perçu. Nous sommes là en accompagnement. Plus de 500 euros lui sont réclamé ( il est sans aucun revenu), au titre d'un trop perçu sur une APL qu'il ne perçoit pas. D'ailleurs il n'est bénéficiaire d'aucune prestation CAF. Son tour est annoncé, nous pénétrons à 6  dans la cellule exigüe qui fait office de bureau pour cette salariée CAF décontenancée. Après palabres, il fait chaud là dedans, nous restons à trois. Les autres pendant ce temps, discutent dans l'espace accueil avec les usagers. Une petite demi-heure plus tard, le trop perçu se volatilise, juste un document à ramener pour confirmer.

Les deux mois de retard dans le traitement des dossiers ? « Nous l'avons rattrapé ; nous n'avons plus que un mois de retard » nous annonce l'agent CAF. Les recrutements ? Ce n'est pas dans l'air du temps.

Nous quittons l'espace accueil pour une diff de tracts, appel à la « Grève des chômeurs » et interpellation des usagers et le personnel. Gentiment… tranquille…jusqu'à la semaine prochaine…

 

2° Pôle Emploi Majorelle, ex ASSEDIC, à 200m de la CAF : nous l'investissons. Discussion avec les agents, puis avec la jeune précaire en CAE  de l'accueil, trois années de suite d'une litanie de contrats précaires...  Nous cherchons le panneau d'affichage = néant ! Notre collègue, la jeune précaire tel au Directeur du site qui 5 minutes après avec une courtoisie feinte se dit disposé à nous entendre donc nous recevoir « 15 minutes pas plus » ; çà durera plus de ¾ d'heure. Il nous annonce avoir échangé avec sa collègue du Pôle Emploi de la Cristallerie, celui où nous étions hier. Il s'attendait à notre visite.

Pour les panneaux affichage, nous apprenons qu'une commande vient d'être effectuée (ha bon !) pour tous les sites de la Région Lorraine ! Oui ! Vous aurez vos panneaux !

 

L'échange est toujours vif sur le sujet des radiations, sur celui des « trop perçus » et des offres à l'emploi de merde.

Les comités de liaison vont être mis en place, à l'initiative de « Pôle Emploi » sur la Région très prochainement. Nous lui faisons remarquer que les comités de liaison, loin d'être le produit de la bienveillance de Pôle Emploi, sont un acquis des luttes chômeurs et précaires, passé à la trappe. De même que contrairement à ce que déclare la note interne de la Direction Générale Pôle Emploi, nous exigeons que ces comités locaux ne soient pas présidés exclusivement par les Directeurs territoriaux et le Directeur général, mais qu'ils soient présidés respectivement, de façon tournante et paritaire par tous !

 

Nous réclamons la mise à disposition de salles de réunions pour que les usagers (et non clients) se rencontrent, échangent, s'expriment, chez eux, là sur les sites Pôle Emploi.

Nous posons l'exigence de la titularisation et de la formation de tous les précaires de Pôle Emploi .

Interpellation quant à l'ORE, le SMP et l'externalisation vers des boites privées à vocation de profit des services publics Pôle Emploi : Suivis, formation, bilan, flicage…

 

Nous quittons les lieux non sans signifier notre prochain retour…

 

Grève des chômeurs ! Grève générale ! 


D'après  NPA2009.org


25/05/2010
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Le cri du précaire


Aaaaaaaaaaaaaami !

Le cri du précaire.


Ami fonctionnaire, j'entends ton dépit : Pouvoir d'achat en berne depuis des années, privatisation ou suppression de tes postes par milliers, hiérarchie piteuse, planquée et sarkophage, missions et moyens inadaptés. En ma qualité d'usager client consommateur de ton service public, j'y compatis et je le subis.

Ami du privé, je vois bien qu'entre concurrence, stress, transports, collègues et horaires harassants pour me survendre services et biens débiles, comme moi parfois tu trembles pour ton avenir, celui de tes enfants, tes parents, ta société. Tu mérites des vacances. Et d'ici là tu t'uses à rembourser tes crédits.

Ami, encore CDI ou déjà vacataire en série, je (re)connais ta souffrance au travail : salaires qui font peur, condition dégradée et menacée de faillite, restructuration, délocalisation. Moi aussi j'ai vécu ça. Et j'y reviendrais demain, inch' allah, puisque comme quelques millions d'autres ici-bas, passés quelques mois d'allocation chômage "dégraissive", je stagne désormais en "faim de droits".

Ami surdiplômé sous-employé, touchant m'est ton mérite à, tel le roseau, plier sans cesse pour échanger ce qu'il te reste de jeunesse contre un loyer. Au noir s'ils l'exigent. En chèque emploi service sinon.

Ami retraité baby-boomer, français souchifié, je te sens, au zénith ou du fonds de ta (maigre) pension, t'échauffer à tort contre jeunes et étrangers de tous États désunis sombrant, crise après crise, d'une marginalité voyante à l'invisibilité.

Ami libéral, je perçois que quand ils ne te rapportent pas en honoraires, assistés et assistants t'ulcèrent. Je te souhaite donc, à toi aussi, une santé prospère car je sais que, tôt ou tard, viendra ton heure de "profiter", peut être plus maladivement que moi, de sécurités sociales. Et de leurs filets à mailles larges.

Ami patron, Petit ou Grand, croulant sous les charges qu'entre aides publiques, exonérations fiscales et amnésie politique, tu dois encore à tes caisses sociales… et patronales ; ami rentier, ruiné en spéculant sur des Kerviel, Maddof et autres banksters censés multiplier ton argent comme par miracle dans des paradis fiscaux dont tu revenais relax et bronzé, font de nos vies un enfer...

Ami agriculteur pesticidé, Ami flic désabusé, Ami sportif dopé, Ami publicitaire à fausse Rolex, Ami artiste intermittent, Ami propriétaire à long terme, Ami prostitué, délinquant, criminel... Ami élu enfin, surfant de droite à gauche sur la rumeur pour bâtir guerres et prisons modernes, LSD THC TNT OGM TUC CES AUD AAH RMI www RSA ou bientôt ASC, ton obole m'oblige mais.... me maintient toujours et en somme dans l'indigence. Sous le seuil de pauvreté. À cran. À croc. Dépendant.


Et donc, à l'approche de la chute finale, l'ami.... tu t'interroges : hormis que tu le payes .... aussi.... Que saisis-tu de ce système qui, malgré des décennies de croissance spectaculaire et pillages accumulés, nous pousse au crime puis nous condamne à la chaîne et à perpette.... À rembourser ses dettes.... avec intérêts, parachutes dorés et bonus en prime.



Tu es précaire

La vie est précaire

L'amour est précaire

La santé est précaire

Le travail est précaire

Même Laurence Parisot

est précaire


Alors, qu'est-ce qu'on fait ?


25/04/2010
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