Collectif Anti-Précarité Dordogne

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Pôle Emploi à la sauce Bolkenstein


Mardi 8 juin 2010

Alors que les personnels sont en grève aujourd'hui, le gouvernement tente, via un article discret dans un projet de loi, de libéraliser totalement le secteur du placement des chômeurs.

 


Total KO à Pôle emploi : charges de travail qui explosent, manque d'effectifs, pressions multiples, encadrement croissant des tâches dans des procédures ultracodifiées par le management, désorganisation totale du service public de l'emploi et de l'assurance-chômage, sens du métier et de l'intérêt général piétiné depuis la fusion, toujours pas achevée, au sein de Pôle emploi, etc. Aujourd'hui, à l'appel de quatre organisations syndicales (SNU-FSU, CGT, SUD et Snap), parfois rejointes par d'autres dans certaines régions, les agents de Pôle emploi seront, pour la première fois depuis l'automne, en grève au niveau national, alors que, d'après les syndicats, les débrayages sauvages se multiplient dans les agences. Et pendant ce temps, le gouvernement tente de parachever discrètement le démantèlement complet du service public : au nom de la transposition de la directive Bolkestein dans le droit français, le projet de loi consacré aux chambres consulaires, à l'artisanat et aux services, passé sans vague à l'Assemblée et examiné ce mercredi au Sénat, prévoit dans son article 14 la libéralisation totale des services de placement des chômeurs. Depuis 2005, le service public de l'emploi, en concurrence avec des organismes privés comme les agences d'intérim par exemple, a perdu son monopole sur le placement, et il lui arrive d'en jouer par le biais d'une sous-traitance désormais galopante sur son cœur de métier. Le gouvernement entend aller plus loin en organisant la confusion entre placement public et placement privé, et en supprimant ses moyens de contrôle.

Pour les syndicats, c'est une « bombe ». « Il s'agit d'une régression absolue qui nous renvoie au début du XXe siècle, dénonce Sylvette Uzan-Chomat (SNU). Si la loi passe, n'importe quel marchand de soupe va pouvoir s'installer comme opérateur de placement, et en aucun cas, on ne surveillera les conflits d'intérêt pour les entreprises qui se mettraient à faire du placement en plus d'autres activités lucratives. » Pour Rubens Bardaji (CGT), « ce projet de loi prétend organiser un marché concurrentiel du placement en ôtant du Code du travail les dispositions qui doivent garantir l'interdiction des discriminations à l'embauche et empêcher que les chômeurs soient sommés de payer pour être placés. Tout cela risque de conduire Pôle emploi à choisir ses activités dans une pure logique de coûts. »

 

Thomas Lemahieu




14/06/2010
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