Collectif Anti-Précarité Dordogne

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Les joies du travail... presque à temps plein


J'étais EVS (emploi vie scolaire) dans une école primaire.

Employé dans le cadre du contrat d'avenir, je travaillais 26 heures par semaine et gagnais 768 € par mois la première année (puis les années suivantes mon salaire a augmenté jusqu'à 809 € mensuels net).

De plus, je bénéficiais de la CMU (couverture médicale universelle), des allocations pour le logement (APL : 240 €).

Lors de la deuxième année de mon contrat, et face à l'incertitude que constitue cet emploi précaire, la directrice de l'école me propose de postuler auprès de l'Inspection Académique pour devenir Auxiliaire de Vie Scolaire Individuel (AVS-I). Le contrat de travail AVS-I est d'une année renouvelable ensuite cinq fois.

Mon parcours correspond à ce qui est demandé : je suis employé à la fin de l'année scolaire (dans une autre école) : je m'occupe d'un enfant handicapé. À partir de mi-mai 2008 je cumule donc ces deux emplois (809 € + 545 € net).

Une situation financière relativement agréable dirons certains, mais pour laquelle on vous refuse tout crédit, c'est à dire tout projet sur l'avenir, il ne faut pas l'oublier. C'est ce que j'expliquais à mes collègues : la différence entre moi et une collègue smicarde employée en CDI par la mairie (elle n'a pas d'APL, paie ses impôts dont la redevance télévisuelle, a une mutuelle, etc.) peut contracter un crédit pour s'acheter une nouvelle voiture, moi on me refuse un crédit en deux fois pour 160 €... Voilà ce que beaucoup de gens ne voient pas pour des personnes dans ma situation et me disent que j'ai "certains avantages".

L'année scolaire suivante je cumule encore ces deux emplois EVS et AVS-I (avec deux enfants handicapés désormais) : je fais 41 heures par semaine.

Je remplis régulièrement mes déclarations à la CAF et aux impôts, comme il se doit.

Au 30 juin de cette même année se termine mon contrat d'avenir. Pôle-Emploi m'annonce que je toucherais un complément" durant cinq mois s'élevant à 636 € mensuels (après avoir travaillé 34 mois...) en envoyant préalablement chaque mois les fiches de paye de mon emploi conservé, sinon l'indemnité n'est pas versée !

Si les démarches se font aisément et si les personnes sont courtoises, reste que pour pouvoir toucher mon indemnité, je suis obligé d'appeler chaque mois Pôle-Emploi, car sur mon contrat de travail et sur mes fiches de paye l'employeur n'est pas désigné sous le même sigle : je dois à chaque fois réexpliquer la situation, car il n'est pas possible de faire une mention sur leur ordinateur où l'on dirait « employeur XXX = employeur ZZZ ». Impensable mais bien réel.

Ça ne s'arrête pas là. Pour avoir travaillé pendant un an avec le cumul de mes deux emplois précaires, j'apprends que je n'ai plus droit à la CMU, puisque celle-ci se base sur les douze mois précédents. Et j'apprends dans la même foulée que mon APL est minorée de 100 € pour la même raison. Le mois suivant un courrier de la CAF, m'expliquant qu'après avoir étudié mon cas avec l'ASSEDIC (divergence de déclarations entre les deux organismes : aberration, selon moi) mon ALS est minorée une nouvelle fois, d'un montant de 80 €.

Puis vient le mois de novembre (dernier mois où je perçois mon complément assedic de 636 €) durant lequel je reçois ma taxe d'habitation qui est passée de 34 € à 354 € toujours pour le même motif.

N'ayant plus de CMU j'ai pris une mutuelle.

Travailler plus oui, mais pas pour mieux vivre ensuite…

Sanvein Hartieschoot


30/01/2010
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