Collectif Anti-Précarité Dordogne

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Drissia, condamnée à une double peine


D'après le journal "L'Écho de la Dordogne" du mercredi 7 avril 2010



"Chaque fois qu'une femme sera martyrisée dans le monde, cette devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés."

Joli, bravo, louable intention.
C'est avec ce genre de belle phrase que Nicolas Sarkozy a été élu président de la République. Cette déclaration faite en 2007, le chef de l'État l'a rangée avec le reste de ses nombreuses promesses, aux oubliettes.
Exemple avec Drissia Sabah, jeune marocaine de 34 ans, enceinte de cinq mois et demi, battue par son compagnon, et menacée aujourd'hui d'expulsion.

"Une vraie chasse à l'immigré, comme au temps de Vichy !"

Drissia arrive en France en 2008 pour rendre visite à sa soeur, Mamma, installée depuis dix années à Saint-Antoine-de-Breuilh. En poche, Drissia n'a qu'un visa touristique d'un mois. Les aléas de la vie font que lors de son séjour, la jeune femme rencontre Antonio dont elle tombe amoureuse. Tous deux feront un premier enfant. Drissia décide alors de ne plus repartir au Maroc. Mais voilà, le 18 mars dernier, après une violente dispute au sein du couple, Drissia subit les coups de son compagnon. Enceinte de cinq mois et demi, la jeune femme prend peur et choisit de se rapprocher de la gendarmerie de Sainte-Foy-la-Grande afin d'obtenir la protection des forces de l'État. Mal lui en prit ! De victime elle devient vite coupable : les gendarmes girondins ne retiendront des plaintes de la jeune femme que son statut de sans-papier. Le passeport de Drissia lui est confisqué, la préfecture de Gironde lui signifie une obligation de quitter le territoire français en date d'aujourd'hui (7 avril 2010). Drissia s'entend dire de la bouche d'un gendarme que son passeport lui serait rendu à l'aéroport de Mérignac lors de son départ.
"Drissia vit désormais cachée le temps que nous trouvions toutes les solutions pour qu'elle reste en France", explique Mamma, "nous avons fait appel auprès du tribunal administratif mais qui a confirmé l'arrêté de la préfecture."

Désarmée, la famille de la jeune femme cherche le soutien de tous dans son combat. Appel auquel a répondu notamment le collectif anti précarité de Bergerac, la ligue des droits de l'homme, et de nombreux citoyens réunis hier (6 avril 2010) dans le bourg de Saint-Antoine-de-Breuilh afin de sensibiliser le plus grand nombre à la situation de Drissia.

"On ne peut laisser faire cette chasse à l'immigré, cette chasse à l'homme comme si de rien n'était", confie un membre du comité de soutien, "nous ferons tout contre cette grosse machinerie gouvernementale qui bafoue tous droits humains."

L'objectif du collectif est aujourd'hui de cacher Drissia (note hors texte : c'est fait depuis le 7 avril) le temps de sa grossesse "en espérant que la naissance de son enfant de père français (note hors texte : le père l'a reconnu intra utéro) rende plus difficile l'expulsion".

Le collectif met en ligne dès aujourd'hui une pétition pour soutenir Drissia.


Un blog a été spécialement créé pour cette cause :


Vous pouvez là également signer la pétition en faveur de Sabah Drissia.


08/04/2010
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